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Gouvernance : « La démarche éthique doit venir du comité exécutif d'une entreprise, pas du seul dirigeant »
(Dépêche n°8490, 07.12.10)Dans une entreprise, « la démarche éthique doit venir du comité exécutif, pas du seul dirigeant », estime Emmanuel Toniutti, président d'IECG (International ethics consulting group) et professeur d'éthique des affaires et de RSE. Il présente son livre « L'urgence éthique, une autre vision pour le monde des affaires », vendredi 3 décembre 2010, à Paris. « Le dirigeant responsable est obsédé à la fois par la performance économique et la réussite humaine. Il doit agir de la manière la plus juste qui soit et prendre conscience de la responsabilité qu'il a. Il faut remettre l'homme au coeur des choses dans l'entreprise de demain », poursuit-il.Sous forme d'un entretien avec Alain Mainguy, directeur du CPA (centre de perfectionnement aux affaires), l'ouvrage se veut être « un dialogue ouvert sur le monde l'entreprise, sur les cultures et sur la manière dont les dirigeants peuvent concilier l'esprit humaniste et la performance, en être les 'influenceurs', voire les vecteurs de sens pour donner à voir une autre vision pour le monde des affaires ».
Pour Emmanuel Toniutti, un dirigeant responsable doit avoir « cinq vertus fondamentales, qui payent sur le long terme », qu'il décrit dans son dernier chapitre : « la passion (optimisme), l'ordre (organisation), le réalisme (faire la vérité sur la situation actuelle de l'entreprise), la discipline et le plaisir ». « Un bon leadership commence par la connaissance de soi : il faut connaître ses peurs et son état de stress pour savoir prendre de la distance, savoir être objectif sur les forces et les faiblesses, mais aussi avoir de l'humilité, savoir reconnaître ses erreurs », observe-t-il.
CRÉER UNE CULTURE COMMUNE AVEC DES VALEURS
Emmanuel Toniutti souligne : « Même si une charte éthique existe dans certaines entreprises, encore faut-il la mettre en pratique ». Les dirigeants « doivent s'entraîner à porter les valeurs de l'entreprise », conseille-t-il. Jean-Marc Pailhol, membre du comité exécutif d'Allianz, en charge de l'unité « distribution », explique comment le groupe d'assurance et de produits financiers est passé d'une stratégie de court terme à une stratégie à long terme en changeant de management. « Nous avons commencé par réécrire l'histoire de l'entreprise lors d'un séminaire. Il fallait créer une culture commune, inexistante à cause de la juxtaposition des entreprises au sein du groupe », rapporte-t-il. L'entreprise a identifié « quatre valeurs », qui sont sa « raison d'être » et permet de définir son « ambition pour les cinq ans à venir ». Il s'agit des clients (ne pas seulement être tournés vers les produits), de la confiance (à restaurer avec l'ensemble des parties prenantes), de l'ambition (travailler en synergie) et de la transversalité (notamment travailler avec les syndicats).
Pour que ces valeurs soient appliquées, la direction d'Allianz a « changé le système de rémunération de l'entreprise » pour faire en sorte que la part variable soit évaluée en fonction de critères correspondant aux quatre valeurs, rapporte Jean-Marc Pailhol. Pour l'instant, constate-t-il, les « objectifs de développement sont atteints » et un « vrai dialogue s'est mis en place avec les syndicats sur le plan de développement annuel ».
Créé en 2005, l'IECG est une société de consulting qui « accompagne les dirigeants et les entrepreneurs à bâtir une culture d'entreprise et des modes opérationnels de leadership responsable ». Quant au CPA, il « forme les dirigeants qui ont l'ambition de concilier l'esprit humaniste et la performance de l'entreprise ».
